Théories / Pratiques

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4-5/12/06 • Pourquoi des concepts ?
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28/03/07 • Construire l’espace
12/04/07 • Performances

2007-2008
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28/03/08 • Qu'est-ce que le pragmatisme?
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2008-2009
05/12/08 • Télescopage
30/01/09 • Fictions philosophiques et poétiques
27/02/09 • L´environnement entre art et philosophie
24/04/09 • Après la musique?

2009-2010
27/11/2009 • Cartes, plans, schémas...
11/12/2009 • Genres, machines, cyborgs...
26/02/2010 • "Bande-dessinée et art contemporain..."
26/03/2010 • Un théâtre sans théâtre

Un théâtre sans théâtre

SÉMINAIRE – VENDREDI 26 Mars – DE 10H À 18H

Avec la participation de Bernard Blistène (directeur du développement culturel du Centre Pompidou et commissaire de l’exposition « a theater without theater », MACBA, 2009), Julien Bismuth (artiste) et Marie de Brugerolle (historienne d’art, commissaire, enseignante à l’ENBAL).

L’histoire des relations entre théâtre et art contemporain (et moderne) est complexe au sens où elle se joue sur plusieurs scènes. Ce qui donne au mot plusieurs sens. Le théâtre des artistes, qu’ils soient plasticiens ou metteurs en scène, est un théâtre qui s’est débarrassé de la plupart de ses conventions ou qui les a entièrement repensées, un théâtre qui est devenu usine ou machine, qui s’est ouvert aux pratiques plastiques des avant-gardes, qui a profondément modifié les rapports institués entre acteur, texte, scène et spectateur : bref, c’est un théâtre sans théâtre. Ce théâtre qui n’est déjà plus du théâtre mais un mixte fascinant d’arts se transformant continûment rencontre des pratiques artistiques qui instruisent elles-mêmes de tous nouveaux rapports à leurs objets (et à l’objet en général). L’art plastique devient un art d’assemblage, l’objet qui n’était qu’apparemment stable des pratiques classiques et romantiques se complexifie, s’attachent à des points de vue, s’ouvre à des contextes, inclue parfois son regardeur, se décolle de lui-même, en un mot se théâtralise (jusqu’à devenir finalement « installation »). Au plasticage du théâtre répond donc la théâtralisation de l’objet d’art. La critique que Michael Fried adressa en 1967 à l’art minimal – « le théâtre est aujourd’hui la négation de l’art » – vaut en vérité pour tout l’art moderne (et se retourne insidieusement contre son auteur). En ce sens, un autre sens du mot, le théâtre est le paradigme d’une nouvelle histoire de l’art, résolument non greenbergienne, dont il nous faudra esquisser l’idée. La théâtralité ou le destin trop souvent réfuté de l’art au XXe siècle. Nous en déclinerons les sens comme nous déclinerons les théories qu’on fit du théâtre : le happening, l’« event », la performance, l’action… d’un côté, le théâtre de la cruauté d’Antonin Artaud (et l’usage qu’en fit Derrida), le théâtre-événement d’Alain Badiou, le théâtre politique de Bertold Brecht… Résumons-nous : le théâtre décolle l’objet, inclue le spectateur, destitue l’auteur, multiplie les signes et les scènes, décentre le sujet, montre des corps. Mais il ne le fait pas seul. Ou il ne peut le faire que parce qu’aucune pratique artistique n’est plus (n’a jamais été) autonome. La question sera finalement : que faire aujourd’hui du théâtre, de ces théâtres ? Autrement dit : comment encore à nouveau théâtraliser le monde ?