RENDEZ-VOUS
                  Les artistes

 
Nevin Aladag
Christian Anderson
Micol Assaël
Heike Aumüller
Gilles Balmet
Sylvie Barré
Laetitia Carton
Chimène Dennel
Dirk Fleischmann
Alexander Gutke
Chourouk Hriech
Florentine Lamarche
Virginie Litzler
Stani Michiels
Pratchaya Phinthong
Royal Art Lodge
Olivier Stevenart
Christophe Terlinden
Roselyne Titaud












Nevin ALADAG (photographies) Née en 1972 à Van (Turquie). Vit et travaille à Münich (Allemagne). Diplômée de l'Académie des Beaux-Arts de Münich, elle multiplie depuis 1997 les expositions collectives. Nevin Aladag est une artiste de l'urgence. Elle utilise des codes précis et directs, des comparaisons ou des situations extrêmes. Elle est d'une génération d'artistes pour qui l'art est un défi. La présence humaine est souvent au centre de son travail. Ce n'est pas une présence réelle, mais un reflet, une illusion sonore ou visuelle. Elle propose pour ce "Rendez-Vous 2004" une série de photos intitulée "Freeze" et une vidéo, "Familie Tezcan", retraçant l'expérience d'une famille turque s'essayant au hip-hop. Le "freeze" est une des danses hip-hop les plus pratiquées, un mouvement soudain qui consiste à prendre une pose : le danseur reste "figé" (glacé) sur une position. Les danseurs de "freeze" exercent leur talent au cœur de l'espace public, sur les trottoirs des centres villes, ... De la tête aux pieds, le corps de l'interprète est soumis à des contorsions qui mettent à mal les postures et attitudes européennes traditionnellement appliquées à la figure humaine. Les penchants de Nevin Aladag pour l'hybridité et l'humour sont également évidents dans sa vidéo "Familie Tezcan" qui contient une myriade d'expressions culturelles, certaines empruntées, d'autres réinventées. Les protagonistes parlent au moins trois langues : le Turc, qui rappelle l'origine des parents, l'Allemand, en raison du lieu de résidence de la famille, et l'Anglais, conséquence inévitable de la mondialisation actuelle. Les membres de la famille Tezcan semblent être complètement à l'aise avec les cultures dans lesquelles ils baignent quotidiennement. L'expérience urbaine afro-américaine, qui incorpore des activités telle que la breakdance, a été une plate-forme pour l'expression de la jeunesse des familles immigrées de Turquie, comme pour beaucoup de jeunes immigrés issus d'autres cultures.


Christian ANDERSEN (installation) Né en 1974 à Copenhague (Danemark). Vit et travaille à Zürich (Suisse). En 2002, il obtient le Kiefer Hablitzel Stipendium Switzerland ainsi que le prix de la Danish Art-Foundation. Vision du réel ou univers artificiel ? Telle est l'ambivalence des œuvres de Christian Andersen. L'artiste nous présente des fragments de réalité, revus, corrigés et retravaillés ensuite sur ordinateur. Ainsi manipulées, les images à l'esthétique familière de nos fictions quotidiennes - la presse, la photographie de reportage et de mode, les jeux vidéo - prennent des aspects déroutants, voire inquiétants. Avec ces œuvres troublantes, Andersen remet en cause notre vision du monde et propose une simulation de la réalité. Le spectateur assiste à un déplacement vers une autre représentation.


Micol ASSAËL (installation) Née en 1979 à Rome (Italie). Vit et travaille à Rome. Depuis 2000, cette jeune artiste de la scène émergente italienne multiplie les expositions individuelles ou collectives. Elle a notamment participé à la Biennale de Venise en 2003 et à Manifesta 5 en 2004. Les espaces imaginés par Micol Assaël sont des milieux dépouillés, parfois glaciaux, hostiles. Paysages vides dans lesquels elle campe des objets domestiques entourés de bandes magnétiques, de transformateurs, d'éclairs... champs de forces et lignes de tension qui transforment la perception de l'espace en la soumettant à une subtile violence physique et psychologique. Micol Assaël intervient sur des scènes triviales de quartiers modestes et industriels qui sont et pénétrés par des incursions soudaines d'éléments naturels. Amplifiant les effets du vent, de la glace, de l'eau, de la fumée ou du feu à l'aide de technologies mécaniques désuètes, l'artiste suggère qu'une violence latente est contenue dans les espaces dans lesquels nous vivons et travaillons, une inéluctable entropie. Le monde de Micol Assaël est certainement visuel, mais il est avant tout tactile et acoustique. Elle propose pour "Rendez-Vous 2004" une installation troublante intitulée "Vorkuta", créée en 2001 : une cellule réfrigérante dans laquelle on peut entrer et de laquelle se dégage une atmosphère et des énergies particulières. Une température de - 20 degrés est maintenue dans cette cellule. S'y trouvent un bureau en acier couvert d'une couche de glace ainsi qu'un fauteuil maintenu à une température constante de 37 degrés. Sur le bureau, des étincelles émanant de circuits électriques sous haute tension crépitent : une affiche sur le mur prévient le visiteur du danger. L'atmosphère blanche, irréelle et tragique qui se dégage de cette installation semble concrétiser les mémoires d'un voyage que l'artiste aurait fait dans le goulag de Vorkuta en Sibérie.


Heike AUMÜLLER (installations vidéos) Née en 1969 à Stuttgart (Allemagne). Vit et travaille à Karlsruhe (Allemagne). Diplômée de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Karlsruhe, Heike Aumüller passe en 2000 un post-diplôme à L'Ecole Nationale de Design. Elle obtient en 2003 la bourse Karl Schmidt-Rottluff de Düsseldorf. Elle travaille essentiellement avec l'image photographique et vidéo. Cependant, elle n'agit généralement pas derrière la caméra, comme il est traditionnel de le faire, mais se place au contraire dans le champ visuel de celle-ci. A travers son travail d'observation, la caméra agit de manière froide et analytique. Heike Aumüller inclut toujours dans son travail les supports de présentation. Ainsi, à côté des travaux filmés qui sont présentés, des installations de moniteurs et des photographies sont également présents. L'artiste cherche non pas à illustrer une réalité, mais bien à produire de nouvelles réalités. Le point de vue du spectateur est dicté par le positionnement de la caméra. Le spectateur devient ainsi à la fois un voyeur tout autant qu'un témoin des actions suggérées. Pour "Rendez-Vous 2004", Heike Aumüller présente deux travaux vidéos récents intitulés "Helle" (rétroprojection) et "Dub Housing" (deux moniteurs) ainsi que quatre tirages photographiques couleur : "Schleir", "Roht", "Fett" et "Naß". Les vidéos et les photographies mettent en scène le corps humain dans des attitudes inhabituelles : relâchement proche de l'évanouissement ou de la mort, crispation, etc. Le corps misà l'épreuve est parfois "emballé" dans du film plastique ou de l'aluminium.


Gilles BALMET (vidéoprojection) Né en 1979 à La Tronche (France). Vit et travaille à Grenoble (France). Il obtient le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique (DNSEP) à Grenoble en 2003, avec les félicitations du jury. Gilles Balmet réalise des vidéos et des installations. Il présente pour l'exposition "Rendez-Vous 2004" une installation vidéo intitulée "Smoke" (vidéoprojection) réalisée en 2004. Cette dernière "propose un temps de contemplation et de mystère autour de quelques éléments. Il s'agit ici de fumée, rabattue par le vent devant un paysage de montagne recouvert des premières neiges. Sur la droite de l'image proposée, des éléments métalliques de la construction d'un immeuble sont présents et semblent en opposition avec les autres éléments d'une nature plutôt agréable et fluide. Ils agissent comme une sorte de cadre pour l'image et insèrent les autres éléments dans une mise en scène minimale qui semble dans l'attente d'un moment particulier. Que va-t-il se passer dans ce moment de tension cinématographique très simple ? [...]. Il s'agit d'une vidéo contemplative qui propose à l'aide d'une mise en scène épurée, l'observation quasi-scientifique d'un moment naïf de poésie autour d'un phénomène naturel."(Gilles Balmet)


Sylvie BARRE (textes) Née en 1972 à Lyon (France). Vit et travaille à Lyon (France). Elle obtient son diplôme de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Lyon, son DNSEP en 2000 et réalise ensuite plusieurs projets notamment à Lyon (IUFM, Subsistances, ENS...). Les travaux de Sylvie Barré mettent en jeu et en péril l'univers institutionnel. Celui-ci est envisagé comme un terrain où s'affrontent la liberté individuelle et sa réglementation propre, qu'il s'agisse, par exemple pour l'école, de son mobilier ou de la maîtrise du langage. Son travail peut être appréhendé comme "subversion des formes imposées par l'institution, et comme dénonciation de la tyrannie qu'elle exerce sur l'individu. Il s'agit plus précisément de confronter les espaces de liberté individuelle, envisagés selon deux perspectives opposées : celle, illimitée et chaotique, du désir individuel, et celle, délimitée et systématique fixée par l'institution. Les œuvres font état de la tension générée par l'affrontement de ses deux dimensions au sein de la société contemporaine" (Sylvie Barré). Pour l'exposition "Rendez-Vous 2004", Sylvie Barré présente une nouvelle étape dans ses recherches à partir d'un texte littéraire à l'allure imposante, caviardé, découpé et réécrit, imprimé en couleur sur papier et affiché. Son intervention sur la matière textuelle par la correction ou la biffure vise à ouvrir le texte et à en proposer des strates supplémentaires de lecture ou de vision, entre le paysage que forment de loin les pages corrigées et colorées et le potentiel de significations qui émerge dans une vision rapprochée.


Laetitia CARTON (installation) Née en 1974 à Vichy (France). Vit et travaille à Lyon (France). Elle obtient son DNSEP en 2000 à l'Ecole des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand et passe son post-diplôme à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Lyon en 2003. Artiste engagée, Laetitia Carton travaille sur des supports variés et à partir de matériaux divers. La jeune artiste refuse de séparer ce qui semble être de l'ordre du privé de ce qui est de l'ordre du public : elle "ne conçoit plus de dissocier ses actions militantes au quotidien de sa pratique artistique." Face à l'emprise grandissante de la culture et de la consommation de masse, à la violence de cette marche forcée vers la mondialisation de nos besoins et de nos désirs, au "primat actuel de l'économie et de la pensée qui l'accompagne", Laetitia Carton ressent le besoin de proposer une alternative. Elle avait déjà pris position par rapport aux abus médiatiques, qui empêchent une pensée libre et détachée, et tenté de nous en détacher par le biais d'une mise à distance sous la forme de la parodie et du jeu de rôle. Pour "Rendez-Vous 2004", Laetitia Carton présente sa série de "Lettres aux PDGs" au ton mi-iconoclaste, mi-naïf, accompagnée de quelques réponses de ceux-ci accrochées sur des panneaux d'affichage (en liège ou métalliques) qui recréent une ambiance d'entreprise. Ces lettres sont un travail mené depuis 2002, fil rouge de ses recherches ; elle continue aujourd'hui à en écrire. En apparence le résultat se fait décoratif, mais très rapidement, il en ressort une impression étrange où se mêlent militantisme, innocence feinte et dérision.


Chimène DENNEL (photographies) Née en 1969 à Lyon (France). Vit et travaille à Lyon. Chimène Dennel obtient son Diplôme National d’Arts Plastiques à Valence en 1996 ainsi que son DNSEP en 1998 avec les félicitations du jury. Elle multiplie depuis les expositions et les interventions artistiques. Elle développe un travail photographique et vidéographique dans lequel les questions du paysage, de la représentation et de l'identité se croisent. Son travail s'inscrit dans une pratique de l'image manipulant les codes du langage et questionnant notre identité dans une société devenue globale. Chimène Dennel se focalise sur les paysages et les sols péri-urbains, les zones de transition et la place de l'adolescence dans la banlieue où mutation urbaine et transformation individuelle se côtoient. L'artiste explore les "zones tampon" : les sols, l'adolescence, les combats... "Longtemps entre le jeu et le projet, l'adolescence tire les conséquences de la dualité du monde et s'y ennuie. Cependant il arrive que cet ennui prenne du sens dans la question de "l'être ensemble", et que des manières singulières de vivre et de rêver le monde apparaissent (dans la violence, la marginalité, l'alternative...)". Ainsi, ce qui détermine la recherche de Chimène Dennel depuis 1998 est "la rencontre et la reconnaissance des adolescents dans leurs attitudes et décalages, codes, signes et territoires ; tout ce qui à la fois les caractérisent et les banalisent. A l'aide d'un dispositif graphique et photographique, il s'agit d'interroger la posture entre "jeu et projet" qui caractérise cette période et de dégager un "état fictionnel et critique" proche des intentions du cinéma."(Chimène Dennel) Pour "Rendez-Vous 2004", l'artiste présente des tirages numériques : des portraits d'adolescents de 13 à 19 ans venus passer un casting qu'elle a préalablement organisé. Ce casting aura lieu le mercredi 15, le jeudi 16 et le mercredi 29 septembre de 12h à 18h au Musée d'Art Contemporain de Lyon : renseignements complémentaires au 06 63 52 87 97.

Les tirages numériques sont offerts par Epson


Dirk FLEISCHMANN (installation) Né en 1974 à Schweinfurt (Allemagne). Vit et travaille à Francfort (Allemagne) Dirk Fleischmann a fait ses études à l'Ecole d'Art de Francfort de 1997 à 2002. Il a depuis, obtenu plusieurs prix et participé à de nombreuses expositionsdont Manifesta 4. Il étudie depuis 1998 des modèles de processus économiques simples. En installant des situations de participation sociale, l'artiste critique les procédés d'échange et propose une perspective alternative à des concepts comme la rentabilité ou l'économie de marché. Sans pour autant s'afficher comme activiste radical, Dirk Fleischmann base sa pratique sur l'autonomie, l'organisation locale et temporaire d'entreprises et d'activités parallèles qui se confrontent au fonctionnement de masse de l'économie et du commerce. Pour l'exposition "Rendez-Vous 2004", il propose un projet basé sur le principe d'une micro-économie : un panneau solaire est installé sur un toit d’immeuble en Allemagne et l'électricité produite par celui-ci est vendue au fournisseur d'énergie local. Ce panneaux est filmé en permanence par une webcam. L'image du panneau solaire est projetée en temps réel dans l'exposition.

Cette oeuvre a bénéficié du soutien technique de Ante Solar Energy AG et du soutien de le ville de Francfort dans le cadre du jumelage entre Francfort et Lyon.


Alexander GUTKE (installation vidéo) Né en 1971 à Gotheburg (Suède). Vit et travaille à Malmö (Suède). Diplômé en 2001 de la Malmö Art Academy, il multiplie les expositions individuelles et collectives et a déjà obtenu de nombreux prix. Alexander Gutke travaille sur des supports visuels variés, projections et installations vidéo. Ses installations, grâce à une intelligence et une subtilité visuelles certaines, interpellent le spectateur et poussent à la réflexion. Au moyen de techniques minimalistes et répétitives, l'artiste joue sur les mécanismes et la fonctionnalité des objets et outils de son environnement quotidien. Des choses aussi courantes que des bulles de savon, projecteurs de diapositives, verres d'eau et cartes postales sont attentivement étudiés et manipulés. Les investigations de l'artiste visent à appréhender la tension dialectique entre dit et non-dit, concret et abstrait, réalité et fiction, faits et rêves. Le spectateur se demande s'il voit vraiment ce qu'il pense voir. Pour "Rendez-Vous 2004", il présente des vidéoprojections à base d'effets spéciaux : carte postale animée intitulée "Caracas", pages qui se tournent projetées sur une ramette de papier ("Endless copies"), baguette de musicien qui tournoie au ralenti ("Solo"). Dans l'installation "Caracas" (1966-2000), la projection anime le ciel sur une carte postale dépeignant le centre de la ville de Caracas (Venezuela), laissant le premier plan de l'image inchangé. Alexander Gutke, qui n'a jamais été à Caracas, a trouvé cette carte postale ancienne dans une boutique de Malmö. Ce travail traite de la perception du temps : ce qui intéresse l'artiste est de savoir comment une carte postale peut établir un lien avec le temps et continuer à représenter une réalité longtemps après que l'image ait été prise et envoyée.


Chourouk HRIECH (installation, dessins) Née en 1977 à Bourg-en-Bresse (France). Vit et travaille à Lyon (France). Après une formation à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Lyon, elle obtient le DNAP puis le DNSEP en 2001. Chourouk Hriech pratique le"dessin à même les murs et son extension dans l'espace au moyen d'une mise en volume qui crédite et complète ce même dessin". Oniriques, passionnés, drôles ou cruels, simples, voire puérils, quelquefois graves, les dessins de Chourouk Hriech offrent un panorama de la fertilité graphique autant que de l'imaginaire de l'artiste. De ses dessins naissent des œuvres qui prennent corps dans l'espace : des pièces pleines d'impertinence, un univers singulier où elle mêle codes culturels, plastiques et émotionnels... Pour l'exposition "Rendez-Vous 2004", Chourouk Hriech présente un travail intitulé "Cobushis Acte I et II". Dans cette oeuvre poétique, Chourouk Hriech met en scène des archanges samouraï hissés sur des nuages noirs, volant vers des femmes clouées au sol par des ombrelles. Cette œuvre n'est pas sans rappeler une légende japonaise qui raconte l'histoire du destin d'une très belle princesse de la lune prénommée Kaguya, désirée par les puissants de la terre mais qui refuse sans cesse les avances et les offrandes de ses riches et beaux prétendants. Lorsqu'elle leur affirme un jour que les chevaliers de la lune vont bientôt venir l'emmener, ils mettent en place une immense armée pour empêcher ce rapt. Mais rien n'y fait. Les archanges armés descendent sur leurs nuages noirs et, avec une facilité aérienne, emportent Kaguya vers son véritable destin. Elle présente également une pièce intitulée "Pan", composée de 30 dessins sur papier cartonné accrochés au mur, dessinant le mot Pan.


Florentine LAMARCHE (dessins) Née en 1978 à Rosenheim (Allemagne). Vit et travaille à Paris (France). Diplômée de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Lyon en 2003 et lauréate du Prix de Paris, Florentine Lamarche est actuellement en résidence à la Cité Internationale des Arts à Paris où elle poursuit ses recherches picturales. Utilisant essentiellement l'aquarelle à même le mur, ses œuvres et interventions jouent de leur fragilité et de leur caractère éphémère. Elles témoignent d'un événement présent ou passé, de l'identité des lieux et de ses occupants. Florentine Lamarche opère par le dessin un décalage du réel vers une imprécision des formes et des visages, des expressions et des identités. Ainsi, dans une œuvre de 2001, les photographies d'un organigramme - outil de travail commun des départements de ressources humaines - sont amenées à une ré-interprétation par leur reprise à l'aquarelle. Les noms sont effacés mais paradoxalement, le dessin donne vie aux portraits et nous en révèle la dimension humaine. Pour "Rendez-Vous 2004", elle réalise une série de dessins sur les murs de l’exposition.

Virginie LITZLER (photographies) Née en 1980 à Mulhouse (France). Vit et travaille à Lyon (France) Elle suit l'enseignement de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Lyon et obtient son DNSEP avec les félicitations du jury en 2004. "J'élabore des mises en scènes photographiques, chacune indépendante, où l'espace et le corps fragmenté sont en interaction. L'espace choisi et trouvé est un coin, une arrière-cour, un recoin caché ou encore par exemple, (cet) endroit où l'on s'arrête pour lacer sa chaussure, (cet) endroit qui est seulement une interruption de notre mouvement quotidien. Dans la plupart des cas, ils sont inhabités et très peu fonctionnels : paradoxalement, ils participent à "l'espace public" mais ne sont pas plébiscités. Aussi dans le travail photographique, je ne cherche pas à montrer des indices géographiques du type ville ou région mais plutôt des matières, des profondeurs, des tonalités participant à la construction de l'image. Le corps quant à lui est double : il est par sa posture et son emplacement un instrument de mesure qui viendra soutenir ou rompre l'équilibre de l'interaction [...]. Le corps appartient à une personne, que je qualifie plus de figure ou de personnage au sein de mon travail. Je le considère comme un élément narratif, avec un rôle prédéfini enrichi de particularité et de spontanéité propre à chaque personnage."(Virginie Litzler) Pour "Rendez-Vous 2004", l'artiste présente un diptyque photographique intitulé "In extenso" (72 cm x 72 cm), ainsi que deux autres photographies couleur inédites (100 cm x 100 cm). Dans ces images, les portraits et l’architecture se mêlent pour former des compositions très contrastées.


Stani MICHIELS (photographies) Né en 1973 à Geel (Belgique). Vit et travaille à Beveren (Belgique) Stani Michiels a étudié à l'Ecole des Beaux-Arts de Leuven, puis à l'Ecole des Hautes Etudes Plastiques d'Amsterdam et à l'Academie Gerrit Rietvelt. Il a ensuite été en résidence d'artiste à la Rijksakademie d'Amsterdam. Pour "Rendez-Vous 2004", l'artiste propose un travail intitulé "Google Camp". Il s'agit d'une bande composée de 315 photos de 10x15cm chacune. Le mot "camp" associé au moteur de recherche Googleagit comme une agence de voyage virtuelle permettant une excursion intrigante autour du monde, qui confronte le spectateur avec la nature humaine la plus primitive à travers une des formes les plus basiques de l'architecture. Le camp : luxe des tentes "igloo" occidentales, décor pour jeux vidéo... mais aussi bien sûr désespoir des réfugiés, lieu d'oppression, camp militaire... Grâce à un programme informatique qu'il a lui-même conçu, l'artiste a pu télécharger une énorme collection d'images de haute résolution depuis la base de données de Google. Un seul critère de sélection : l'artiste voulait, autant que possible, qu'il n'y ait pas d'êtres humains sur ces photos, de sorte que l'architecture puisse parler d'elle-même. L'artiste a développé ces photos comme si elles étaient les images personnelles d'un voyage autour du monde. Il présente également deux vidéos-projections, "Avenida de Roma" et "3:19 PM". "Avenida de Roma" nous montre la subtile transformation d’une face de gauche d’un immeuble qui paraît inhabité en un lieu où la présence humaine scande petit à petit les balcons de touches colorées, par l’utilisation variée de ces espaces extérieures.


Pratchaya PHINTHONG (performance itinérante) Né en 1974 à Ubonratchathani (Thaïlande). Vit et travaille à Francfort (Allemagne). Pratchaya Phinthong a fait du voyage son champ d'expérience. Placées sous le signe des rencontres, de l'échange et de l'"impermanence", les étapes se succèdent et le voyageur poursuit son chemin seul, en voiture, en bateau, en train et parfois à pied, conscient d'établir un lien humain et spirituel entre les contrées traversées. Récemment arrivé au terme de ses études d'art à Francfort, l'artiste propose à tous, via un site internet, de financer un voyage entre Francfort et Bangkok. Cet itinéraire de plus de 43 000 km est divisé en étapes qui seront autant de points de réflexion, entre passé et présent, dans une oscillation entre adieux et découvertes, souvenirs et renouvellement. Pour "Rendez-Vous 2004", le Musée d'Art Contemporain soutien le voyage de l'artiste en finançant une étape. En retour, ce dernier présente des objets glanés en route. Le visiteur peut également participer au financement de ce voyage grâce à une urne placée dans l’exposition. Les fonds récoltés sont envoyés à l’artiste qui poursuit ainsi son périple artistique.


ROYAL ART LODGE (dessins) Groupe d'artistes fondé à Winnipeg (Canada) en 1996 par Michael Dumontier, Marcel Dzama, Neil Farber, Drue Langlois, Jonathan Pylypchuk et Adrian Shalom Williams. Durant six ans, les membres de la Royal Art Lodge ont produit ensemble un panel incroyablement divers de travaux comprenant des schémas, des sculptures, des vidéos, des marionnettes, de la musique, des costumes et des poupées. Leur esthétique brute mêlant design et dessin industriel, combinée à un sens de l'humour incisif et décalé a abouti à une profusion de créatures hybrides, à des commentaires absurdes sur l'état humain et à un art plein d'une énergie dynamique, de charme étrange et de beauté expressive. Les membres de la Royal Art Lodge travaillent ensemble pour cultiver l'admiration mutuelle, la concurrence et l'auto-stimulation. Un impératif de jeu stimule le travail de la Royal Art Lodge. Inspirés par les périls et les paradoxes du cinéma noir populaire, de la télévision, de la science-fiction, des films d'horreur et de la bande dessinée, les dessins de la Royal Art Lodge constituent l'essentiel de leur travail. Enfants, ces artistes ont indubitablement baigné dans les shows télévisés mêlant imaginaire et réalité comme “Roger's Neighbourhood”, “The Muppet Show” et “Pee-Wee's Playhouse”. Ainsi, des créatures rachitiques, solitaires et poilues apparaissent souvent dans leurs vidéos. Leurs dessins, incorporant esquisses faites à la main, photographies tirées des média de masse et textes personnalisés, incarnent le dialogue verbal et visuel prolifique qui s'est instauré entre les membres du groupe. Ces derniers déterminent collectivement pour chaque dessin le moment où celui-ci est terminé et jugent sa qualité. Ainsi, les travaux sont rassemblés chaque fin de soirée, archivés et symboliquement codés : un soleil rayonnant pour les plus réussis, une tête de mort pour les moins bons. Néanmoins, chaque artiste développe une démarche personnelle. A titre d'exemple, Marcel Dzama, probablement le membre le plus connu, fait des dessins à partir d'un colorant extrait de racine de bière représentant des monstres et des êtres humains partageant tendrement des moments lascifs. Pour l'exposition "Rendez-Vous 2004", les artistes proposent une sélection de nouveaux dessins.


Olivier STEVENART (installation) Né en 1966 à Namur (Belgique). Vit et travaille à Bruxelles (Belgique). Après plusieurs années passées à l'Ecole de Recherche Graphique de Bruxelles, il intègre l'Ecole Régionale des Beaux-Arts de Nantes, dont il sort diplômé en 1995. Entre temps jardinier, assistant sculpteur pendant trois ans, il réalise régulièrement des formations de plâtrier. Car après avoir réfléchi sur son engagement en tant qu'artiste, il se décide à "incorporer le travail alimentaire à son travail pour ne plus s'en écarter". Sous les initiales mystérieuses que l'artiste aime à se donner, T.S.A, on peut lire Technicien de Surface-Ambassadeur, appellation qui correspond à "la double fonction d'ouvrier-artiste qui répond à un cahier des charges extrêmement précis. Visiter le lieu, évaluer les travaux, choisir les matériaux en parfaite connaissance, commencer et terminer le travail entrepris, nettoyer l'espace, inviter et recevoir un certain nombre de personnes habilitées. Le travail d'Olivier Stevenart révèle cette intimité fusionnelle entre l'ouvrier et l'artiste : c'est le domaine du quotidien, l'obsession du bien fait, du sur mesure, de la qualité. Il rend sans cesse hommage au travail, il célèbre plus le travail fini que son processus, alors même que l'on peut prétendre ne voir que cela [...]. Chez l'artiste, c'est une véritable obsession que de redonner aux objets leur aspect premier, et de se servir d'un préexistant pour créer quelque chose de nouveau, d'inattendu. Pour cette raison, le travail "in situ" est obligatoire et se détache inévitablement de la fétichisation de l'objet. Après l'exposition, il ne reste rien [...]. La méthode de mise en valeur des espaces, de l'architecture, du lieu, employée par l'artiste, est un mécanisme dont le résultat semble tout à fait minimal."(Nathalie Viot) Pour "Rendez-Vous 2004", il propose une œuvre produite en extérieur du musée.


Christophe TERLINDEN (installation) Né en 1969 à Bruxelles (Belgique). Vit et travaille à Bruxelles. Distingué en 2003 par le prix de la Jeune Peinture Belge, Christophe Terlinden intervient dans l'espace urbain en réalisant des projets qui s'infiltrent dans le cours des choses pour en modifier le sens de manière ludique. L'artiste regarde autour de lui et intervient. Par exemple, il rénove en 1995 l'horloge de façade de la gare du Luxembourg, au pied du bastion de verre représentant l'Europe. L'architecture de ce dôme de verre et de la plupart des bâtiments qui l'entourent s'inspire de la gare mais la portion de cité que forme cet ensemble nie complètement l'architecture préexistante qui affiche d'ailleurs un air de délabrement. Christophe Terlinden lui redonne une partie de sa fonctionnalité : il y installe la nouvelle horloge au fond jaune qui tranche avec le bâtiment gris et s'accorde parfaitement avec la couleur du dôme éclairé. Le procédé est simple et efficace : par une intervention discrète sur les éléments existants, l'artiste offre une autre vision du réel, plus pertinente. En 1999, il conçoit un nouveau drapeau pour l'Europe. Les étoiles - dont le nombre est resté de douze malgré l'élargissement de l'Europe - forment un cercle continu. Il s'agit d'attribuer au drapeau de l'Union Européenne une symbolique que son nom présuppose. Ayant persuadé plusieurs propriétaires d’immeubles à Bruxelles, il parvient en 2000 à maîtriser l'éclairage intérieur des bâtiments grâce à un jeu de lumières et de stores pour transformer les façades et y inscrire des messages. Baptisé "Lum", ce projet rend parfaitement compte du procédé favori de l'artiste : l'infiltration. Christophe Terlinden travaille en relation avec des lieux précis, le plus souvent appartenant à l'espace public. Il utilise le paysage tel qu'il se présente, de manière inattendue, sur le mode du jeu, avec une inventivité sans cesse renouvelée.


Roselyne TITAUD (photographies) Née en 1977 à Aubenas (France). Vit et travaille à Saint Etienne (France). Diplômée en 2001 de l'Ecole des Beaux-Arts de Saint Etienne avec les félicitations du jury, elle réalise des photographies aux thèmes variés. Son travail consiste en un regard subjectif sur ce qui l'entoure."Une façon de regarder ce que nous ne regardons plus vraiment, les choses banales sans être quotidiennes. Il ne comporte pas de dimension objective sociale ou politique : ses photographies sont en quelque sorte un constat subjectif sur ce qui se passe autour d'elle" (Roselyne Titaud). Bien que divers, ses travaux abordent tous la notion d'intemporalité. Les scènes choisies sont le reflet d'une réalité déjà figée qu'elle fixe instantanément dans le temps par la photographie. "Les lumières que j'utilise sont ainsi des lumières naturelles blanches qui, au contraire de la lumière jaune du soleil dont on sait qu'elle ne dure pas, provoquent un sentiment de continuité". Pour "Rendez-Vous 2004", Roselyne Titaud a choisi de présenter une série de photographies intimistes intitulée "Intérieurs" .


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