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 mer 03 mars 2010 (17:00)
Caroline Soyez-Petithomme [Critique d'art]

 Grand amphi de l'ENBA 2e étage de l’ENBA Lyon 8bis quai Saint-Vincent 69001 Lyon
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L'exposition temporaire est devenue aujourd'hui l'outil principal de production et de diffusion de l'art contemporain. L'énoncé paraît simple: il s'agit de montrer des œuvres dans un lieu pour une période donnée. Cependant, l'organisation d'un tel événement est articulée par un nombre extrêmement variable de modalités et c'est de leurs multiples combinaisons possibles que résulte l'exposition (œuvres d'art, acteurs impliqués dans l'organisation, lieu de l'exposition, contexte historique, culturel, socio-économique, etc…). Les différents acteurs ou intermédiaires qui contribuent à montrer des œuvres d'art – qu'ils soient artistes, conservateurs, commissaires, galeristes, scénographes ou architectes – se sont multipliés. Cependant, ces positions se superposent lorsqu'elles sont occupées par une seule et même personne, de même que ces fonctions, à la dénomination pourtant précise, demeurent indéfiniment interchangeables.

Bien que les œuvres d'art soient la base de l'histoire de l'art, le mode de l'exposition consiste littéralement à jouer sur le déplacement des œuvres c'est-à-dire sur le décalage, et même parfois l'éloignement, de l'objet central qu'est l'œuvre d'art. Chaque exposition, telle une occurrence, peut redéfinir le statut d'une oeuvre. Les expositions influent aujourd'hui autant sur la production que sur la diffusion et le devenir d'une œuvre.
Depuis le milieu du 20ème siècle, le white cube est devenu le lieu neutre et standard qui accueille l'exposition. Ce modèle idéal, voire sacralisé et sacralisateur, est censé se faire oublier pour offrir au visiteur une expérience directe de l'œuvre d'art. Le problème de la théâtralité s'avère pourtant inhérent tant à la structure du white cube qu'à toute scénographie, visuellement très présente et spécifiquement créée pour rassembler certaines œuvres. En outre, l'histoire du white cube et son avènement sont indissociables d'une histoire des expositions dont la scénographie refuse les cimaises immaculées et l'éclairage zénithal. La présente étude de cas n'a pas pour but de comparer ou de critiquer l'un ou l'autre de ces modèles puisqu'elle se focalise uniquement sur des expositions dont la scénographie souligne ou interfère avec l'esthétique et le propos des œuvres. Ces expositions, historiques ou récentes, conçues comme des environnements totaux, ne peuvent cependant pas être étudiées sans garder présent à l'esprit l'impact de la norme que constitue aujourd'hui le white cube.
Cette sélection d'expositions a pour but de nourrir une réflexion transdisciplinaire (art et design, art et théâtre, etc…) sur l'histoire des expositions et d'aborder ainsi le problème de la redéfinition constante du statut de l'œuvre d'art qui est tour à tour objet, accessoire, composant d'un assemblage ou image.

Caroline Soyez-Petithomme est commissaire d'exposition et critique d'art.
Née en 1983, elle vit et travaille entre Paris et Lyon
Depuis janvier 2009, elle co-dirige la Salle de Bains, à Lyon, avec Jill Gasparina.
Elle contribue régulièrement à des magazines ou revues d'art contemporain.
De Septembre 2006 à juin 2008, elle a étudié au Goldsmiths College de Londres (Master de Curating). En parallèle, elle a débuté dans le domaine du commissariat d'expositions ("Aspen III", Mars 2007, Frankfurt-am-Main, "Bass Diffusion Model", Mai-Juin 2008, Londres, "Mineralism", exposition personnelle de Simon Boudvin, Juin 2008, Londres…). Auparavant, elle avait obtenu le diplôme du Premier cycle en 2004, puis du Second cycle de l'Ecole du Louvre en 2006 (mémoire de master sur la récupération du concert rock dans l'art contemporain de 1965 à 2005).